Pauvreté selon les catégories sociales : un lent rapprochement, mais des écarts qui demeurent considérables
Le taux de pauvreté des ouvriers est 3,5 fois plus élevé que celui des cadres supérieurs. Un écart qui tend à se réduire, mais lentement. Extrait du Centre d’observation de la société.
Publié le 9 avril 2026
https://www.inegalites.fr/evolution-pauvrete-selon-la-categorie-sociale - Reproduction interditeLe taux de pauvreté des ouvriers est de 7,3 % contre 2,1 % pour les cadres supérieurs, soit 3,5 fois plus, selon les données de l’Insee pour l’année 2022 [1] au seuil de pauvreté de 50 % du niveau de vie médian. L’écart entre les catégories sociales tend à se réduire, mais de manière lente : au milieu des années 1990, le taux de pauvreté des ouvriers était sept fois supérieur à celui des cadres.
Cette baisse résulte d’abord de la diminution de la pauvreté chez les ouvriers entre 1996 et 2002, période de forte croissance économique. Depuis cette date, le taux s’est maintenu autour de 8 % ou 9 % pour cette catégorie sociale.
Chez les cadres, comme chez les professions intermédiaires, le taux de pauvreté est historiquement très faible : entre 1 % et 1,5 % au début des années 2000. Mais il tend à croître de manière régulière. Même s’il demeure à un niveau très bas, autour de 2 % pour les cadres et 3 % pour les professions intermédiaires en 2022, c’est deux fois plus qu’il y a 20 ans. Chez les employés – une population majoritairement féminine – le taux de pauvreté se situait autour de 5 % au début des années 2000 et a augmenté pour atteindre 6,4 % en 2022.
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Cette évolution tient pour une grande part aux transformations de l’emploi. Entre le milieu des années 1990 et 2022, la part de cadres parmi les actifs est passée de 13 % à 22 %, comprenant désormais des postes plus fragiles et précaires. Inversement, la population des ouvriers s’est réduite et comprend davantage d’ouvriers qualifiés.
Au bout du compte, les écarts de taux de pauvreté entre catégories sociales favorisées et défavorisées demeurent considérables, en dépit de ce lent rapprochement. Ce dernier ne doit pas faire oublier que les taux de pauvreté sont sans commune mesure. Parmi les 1,2 million de salariés actifs dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, 900 000, soit les trois quarts, appartiennent aux milieux populaires. La pauvreté des actifs demeure avant tout liée à une question de niveau de diplôme et de qualification. Une partie de ces personnes pauvres sont des chômeurs au niveau d’indemnisation particulièrement bas, inférieur au seuil de pauvreté de 1 100 euros [2]. Faute de trouver du travail, une partie des moins qualifiés a aussi basculé dans l’inactivité et n’apparaît pas dans ces données.
Source : Insee – © Observatoire des inégalités
| Les données sur la pauvreté des actifs |
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| Les données sur la pauvreté des actifs portent sur les personnes qui ont un emploi et les chômeurs. Elles sont mesurées par ménage : l’Insee prend en compte les revenus de l’ensemble des membres du foyer. Concrètement, une ouvrière vivant avec un cadre supérieur se verra attribuer le niveau de vie de l’ensemble du ménage et peut ne pas apparaître comme pauvre si les revenus du couple dépassent le seuil de pauvreté. |
Extrait de « Taux de pauvreté selon les catégories sociales : un lent rapprochement, mais des écarts qui demeurent considérables », Centre d’observation de la société, 21 octobre 2025.
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