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Le handicap : de quoi parle-t-on exactement ?

Être handicapé, c’est être limité dans les actes de la vie quotidienne ou dans sa vie sociale. On dénombre entre 6 et 18 millions de personnes handicapées en France. Des chiffres bien différents qui varient selon la définition du handicap adoptée.

Publié le 21 avril 2026

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Modes de vie Emploi Handicap Santé

Une personne est handicapée quand elle ne peut pas exercer certaines activités ou participer à la vie sociale en raison d’une déficience physique ou mentale. Selon la loi Handicap de 2005, le handicap constitue « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».

Cette définition est large : elle englobe toutes les personnes qui présentent une telle limitation ou restriction, quel que soit leur âge ou leur degré de limitations ou de restriction, du handicap physique ou mental à la perte d’autonomie des personnes âgées par exemple. Dans la vie courante, le terme handicap recouvre une grande diversité de situations, des difficultés motrices à la perte de l’audition ou de la vue, en passant par des troubles de la communication, de la concentration, ou encore de problèmes psychiques. On parle aussi de handicap dans le cas de maladies invalidantes (diabète, hypertension, insuffisance cardiaque, cancer, épilepsie, etc.).

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Pour qu’un handicap soit reconnu par l’administration, la procédure commence en général par la consultation d’un professionnel de santé (un médecin généraliste ou un psychiatre par exemple) qui constate des limitations dans la vie quotidienne. Ensuite, pour avoir droit à certaines aides, la personne en situation de handicap doit se rapprocher de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui détermine un taux d’incapacité à réaliser des actes de la vie quotidienne. Il existe trois taux : inférieur à 50 % (limitations avec un effet modéré au quotidien) ; entre 50 % et 79 % (limitations notables dans les actes de la vie sociale, scolaire, professionnelle ou domestique, tout en étant autonome) ; supérieur à 80 % (perte d’autonomie qui entrave la réalisation des actes essentiels de la vie quotidienne et nécessite une aide constante).

Dans la vie professionnelle, une personne est considérée comme handicapée si ses « possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique », comme le prévoit le Code du travail. Pour être reconnu tel, il faut faire une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), toujours auprès de la MDPH [1].

Pour établir un état des lieux du handicap (qui est concerné ? De quelles limitations parle-t-on ? Quel est le niveau de vie des personnes handicapées ? etc.), les statisticiens interrogent directement les personnes sur leurs limitations liées à un problème de santé. Le service statistique du ministère de la Santé, par exemple, établit un indicateur à partir d’un questionnaire auprès de la population : sont considérées comme personnes handicapées celles qui répondent « oui, fortement » à la question « Êtes-vous limité(e), depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? ». Les études menées régulièrement par le ministère permettent ainsi d’en savoir davantage sur les personnes qui connaissent d’importantes restrictions d’activités.

D’autres approches statistiques ont pour but d’interroger des personnes sur l’existence et la gravité, selon elles, d’une limitation sensorielle, motrice, physique, liée à la mémoire, à la concentration, à l’organisation ou au relationnel, qu’elles peuvent connaitre, alors que certaines se réfèrent plus globalement au fait de déclarer des restrictions pour réaliser les actes essentiels du quotidien (mobilité, entretien personnel, activités domestiques). Dans tous les cas, on parle d’une définition « subjective » : c’est la personne concernée qui détermine son degré de handicap.

Ces différentes approches aboutissent à des résultats très différents, notamment en ce qui concerne le nombre de personnes handicapées en France : « le nombre d’enfants et d’adultes handicapés (de 5 ans ou plus), qu’ils vivent à domicile ou en établissement, peut varier selon le critère ou le croisement de critères utilisés, de 5,7 millions à 18,2 millions de personnes » indique le ministère des Solidarités [2]. Quand on parle de handicap, il faut donc bien repérer de quelle définition on parle.

Pour aller plus loin : nos données sur les inégalités entre personnes handicapées et non handicapées

Photo / Daejeung Kim, Unsplash


[1] Cette reconnaissance peut aider à trouver un emploi ou à faire adapter son poste de travail, les grandes entreprises et administrations étant théoriquement obligées par la loi d’employer des personnes en situation de handicap.

[2] Le handicap en chiffres - édition 2024, Panoramas de la Drees, novembre 2024.

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Date de première rédaction le 21 avril 2026.
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